Non à la suppression de la sphère privée

La nouvelle loi sur le renseignement (LRens) veut étendre massivement le pouvoir du Service de renseignement de la Confédération. Elle ouvre la porte à l’Etat fouineur. Avec elle, les services secrets pourront sans motif pénétrer dans la vie privée des citoyens et citoyennes, et suivre leurs communications. Aussi, les services de rensei- gnement étrangers auront accès aux données suisses – Cette loi est une étape pour intégrer l’OTAN et une menace pour la neutralité.

La fin de la sphère privée…
Tout le monde sera surveillé, sans motif ou soupçons, pas seulement les criminelles. Tous les emails, toutes les publications Facebook et tous les textos seront interceptés et fouillés. Toutes ces mesures, additionnées à l’écoute téléphonique, serviront à une surveillance de masse. Nos données personnelles seront enregistrées et traitées – sans que nous ayons quoi que ce soit à nous reprocher.

…grâce à la récolte secrète de données…
L’expérience a montré que la surveillance globale n’a jamais empêché une seule attaque terroriste. Au contraire, avec des bases de données gigantesques, il est imposs- ible de développer des informations réellement pertinentes. On ne trouve pas une aiguille dans une botte de foin en rajoutant du foin. Nous devons enfin tirer une leçon de l’affaire des fiches, dans laquelle plus d’un million de personnes ont été contrôlées.

…la Suisse pour cible !
La loi s’attaque à la neutralité par la porte arrière et s’en prend directement aux droits fondamentaux. Avec la LRens, les services de renseignement suisses pour- ront travailler avec des agents étrangers et partager des données sur leur propre population, ou mener des cyber-attaques – même en temps de paix. L’intégration de la Suisse au réseau de renseignement de l’OTAN ne lui apporte aucune sécurité supplémentaire. Au contraire, elle rentrera dans le viseur des gouvernements étran- gers et des terroristes.

 

Erreurs courantes

Les personnes qui n’ont rien à se reprocher, n’ont rien à craindre !
Cet argument est également populaire dans les dictatures totalitaires. Mais, en réalité, nous pouvons tous être victime de l’espionnage et la surveillance d’Etat. D’une part, la LRens fait tomber les obstacles à une surveillance généralisée et les contrôle démocratique, mais en plus, elle met en place les outils pour une surveillance de masse par la fibre optique. A travers des mots-clés, les services de renseignements peuvent surveiller tous les flux qui circulent entre la Suisse et l’étranger. Comme l’écrasante majorité des activités internet en Suisse ont lieu sur des serveurs étrangers, tous seraient touchés par cette surveillance. En outre, près de la moitié des appels téléphoniques domestiques de la Suisse fonctionnent sur des réseaux étrangers et donc seront également surveillés. Donc, même les personnes qui n’ont rien à se reprocher seront surveillées, et plus de surveillance est égale à moins de liberté.

Les services de renseignements nous surveillent déjà aujourd’hui, ou est le problème ?
Aujourd’hui, effectivement, le SRC nous surveille déjà. Mais, ces possibilités étaient strictement limitées. Mais, la nouvelle loi fait tomber ces limites et élargit massivement les possibilités du SRC (Surveillance des espaces privés, chevaux de Troie, la conservation des données, fichage des personnes). L’expérience montre également que les services de renseignement ne tiennent souvent pas compte des limites légales ou parfois même les violent délibérément. En éliminant les barrières légales aux débordements du SRC, la LRens va trop loin.

Les menaces contre la Suisse ont évolué, les outils des services de renseignements doivent suivre.
Les menaces ont, effectivement, au cours des 25 dernières années, changé. Après la chute du rideau de fer, la surveillance généralisée n’est plus une nécessité. La nouvelle LRens est encore muée par une méfiance paranoïaque contre les citoyens datant de la guerre froide et non pas par des contraintes techniques. Nous ne nous opposons pas à des ajustements aux nouvelles réalités techniques, mais à un Etat fouineur. Plus surveillance ne conduit pas nécessairement à une plus grande sécurité. Les récentes attaques aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en France n’ont pas été empêchées par une surveillance massive des citoyens. Mais, ce qui est certain, c’est que plus de surveillances entraine moins de liberté et une violation de nos droits fondamentaux.

 

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